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Banksy : un rat protégé

Les propriétaires d’un bâtiment paré d’une réalisation de la star du street art Banksy ont engagé un vigil pour protéger l’œuvre.

Un mur du nord de Londres est surveillé. C’est un mur arborant une masse sombre de maçonnerie récente qui recouvre le trou laissé par le découpage d’une œuvre de Banksy, volée, elle a été retrouvée à Miami, destinée à être mise aux enchères.

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Dans la nuit de vendredi un minuscule dessin a fait son apparition au pied de ce mur, c’est un petit rat d’une dizaine de centimètres réalisé au pochoir et exhibant une pancarte demandant « why? », un gros bras tout de noir vêtu se tient à ses coté, immobile, il veille à sa sécurité. La société propriétaire du mur a jugé bon d’engager un agent de sécurité afin d’éviter un nouveau pillage.

« Oui, c'est vrai, c'est nous qui avons pris des mesures pour sécuriser ce nouveau pochoir et nous allons demander à la mairie d'assumer les coûts de cette mesure de protection », déclarent les propriétaires. Et au porte-parole de l’arrondissement d’Haringey de répondre : « Rien ne dit que cette nouvelle œuvre est un authentique Banksy, même si nous serions ravis de discuter de ces questions de sécurité avec les propriétaires du mur. »

En marge de ce chassé-croisé, une réelle question se pose : qui est responsable de l’intégrité de l’œuvre de l’illustre street-artiste ? Et par extension, qui est tenu de payer pour la sauvegarde des graffitis de Banksy ? Serait-ce l’Etat et/ou la municipalité afin de préserver le patrimoine culturel du Royaume-Uni, ou les propriétaires du bâtiment ainsi décoré et dont la valeur s’en trouve accru ? Une question à laquelle une réponse doit rapidement être trouvée d’après les spécialistes. « Sinon, on va se retrouver dans une situation extrêmement bizarre, avec des spécialistes du patrimoine à la chasse dans la nuit noire des œuvres de Banksy sur les murs londoniens. »

Une situation compliquée, surtout que l’artiste prône l’art gratuit pour tous et le fait savoir : en 2007, s’insurgeant de la vente d’une de ses œuvres, Banksy avait réalisé le dessin d’une salle des ventes où le commissaire-priseur met en vente un tableau qui ne contient que les mots « I Can’t Believe You Morons Actually Buy This Shit » (je ne peux pas croire, abrutis, que vous achetiez vraiment cette merde). Il l’avait ensuite reproduite à 300 exemplaires numérotés, ils ont tous été adjugés pour plusieurs milliers de livres… aux enchères.

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