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"l’Origine du monde" de Courbet aurait donc un visage

L’autre partie de l’illustre tableau aurait été retrouvée par un amateur d’art, un scoop révélé par Paris Match, au musée d’Orsay on reste plutôt prudent.

Dans son édition du 7 janvier Paris Match lève le voile et révèle le visage secret de « l’Origine du monde » de Courbet. Un amateur d’art aurait déniché la partie manquante du scandaleux tableau. Le nu, peint en 1866 est exposé depuis 1995 au musée d’Orsay.

Le magazine s’appuie sur des expertises scientifiques pour affirmer qu’il s’agit bien de la même œuvre, Le musée quant à lui déclare « que personne du musée ne se prononce pour l’instant sur cette affaire ». Deux ans d’expertises et d’analyses auront été nécessaires pour affirmer être en présence d’une seule et même peinture, selon Paris Match.

Tout commence en 2010 quand un amateur d’art achète 1400 euros le tableau d’une « belle lascive » auprès d’un antiquaire parisien. Une fois chez lui, il se rend compte que les bords de la toile ont été découpés comme si elle avait été prélevée d’une plus grande œuvre. Il relève qu’elle n’est pas signée mais en revanche il remarque, au dos du tableau, un cachet, probablement celui d’un marchand de couleur. Convaincu de posséder une œuvre singulière, le collectionneur s’efforce de percer le secret de l’identité de la femme sur le tableau. Lorsqu’une nuit… « Fébrile, il pioche l’Origine sur Internet, l’imprime grandeur nature (46 cm x 55 cm), la superpose à son tableau avec un léger décalage... Et c’est la révélation », raconte Paris Match.

Il découvre ensuite une reproduction du tableau de Gustave Courbet, la Femme au perroquet, les deux portraits concordent. Il s’agirait de Joanna Hifferman, modèle et maitresse de l’artiste, elle serait le modèle de l’Origine du monde. Fort de cette découverte il s’en va trouver Jean-Jacques Fernier, expert à l’Institut Gustave Courbet.

L’expert confirme que l’Origine du monde est issu d’une œuvre plus grande. Le collectionneur confie donc son tableau au Centre d’analyse et de recherche en art et archéologie (Caraa) qui confirme son authenticité (1). Jean-Jacques Fernier, rassuré par les preuves, s’empresse d’inscrire l’œuvre au tome III du Catalogue raisonné de Gustave Courbet et se prend à imaginer les dimensions du tableau original, possiblement 120 x 100 centimètres.

La conservatrice du musée Courbet à Ornnas, Frédérique Thomas-Maurin , est plus méfiante, elle reconnaît « qu’elle n’est pas convaincue », elle indique qu’« il n'y a aucune preuve du côté des musées de France », que le tableau en photo dans le magazine « est très éloignée des autres portraits de cette femme, Jo, même si je ne l'ai pas vue ». De plus d’après elle, « ce n'était pas l'objet de la commande du diplomate turc de l'époque, Khalil-Bey ».

On espère que l’exposition au musée Gustave Courbet consacrée à l’Origine du monde en 2014 nous en apprendra plus.

(1) Le laboratoire tient à préciser que seule l’analyse des pigments lui avait été confiée. De plus le CARAA n’a fait aucun rapprochement entre ces deux toiles lors du rapport analytique fourni au propriétaire. Les conclusions du rapports stipulaient : «Tous les pigments analysés dans cette œuvre sont parfaitement contemporains de la deuxième moitié du XIXème siècle».

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