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Les costumes de cinéma entrent au musée

Il y a toujours une sensation étrange à regarder, privé de la star qui l'habite, un costume de cinéma. Isolés ainsi, dans l'exposition qui vient d'ouvrir au Victoria and Albert Museum à Londres, la combinaison jaune d'Uma Thurman dans «Kill Bill», le costume en tergal de John Travolta dans «La Fièvre du samedi soir» ou le tailleur d'une blancheur virginale arboré par Sharon Stone dans la fameuse scène d'interrogatoire de «Basic Instinct» pourraient sembler désincarnés, privés de leur érotisme. Et pour cause : ce sont les comédiens qui leur apportent cette dimension charnelle.

Tout le mérite de l'exposition «Hollywood Costume» est justement de palier ce problème. La costumière Deborah Nadoolman Landis, à laquelle on doit la tenue d'Harrison Ford dans «Les Aventuriers de l'Arche perdue», a eu l'idée d'inscrire le costume dans l'histoire des films. Il devient, au même titre que la lumière, les décors, les dialogues et les comédiens, l'un des éléments mis à la disposition du réalisateur pour raconter son histoire à l'écran. Dans cette perspective, le metteur en scène et son costumier deviennent un couple, comme ceux, plus évidents, formés par un réalisateur et sa star, son scénariste, son producteur ou son directeur de la photo.

Parmi ces duos, dont l'exposition montre le dialogue fructueux, Martin Scorsese et Sandy Powell, la costumière de «Gangs of New York», ou Alfred Hitchcock et Edith Head. L'exposition du Victoria and Albert Museum met en relief l’apport décisif de cette dernière sur «Les Oiseaux», au travers des élégantes tenues de Tippi Hedren. C'est l'un des paradoxes du costume de cinéma. Pour jouer son rôle enchanteur, il doit paraître authentique, donc être invisible.

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