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Miku Hatsune, la star virtuelle japonaise pour la première fois à Paris

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Miku Hatsune est une star sans caprice ni prétention et pourtant c’est une diva de la pop japonaise. Miku a en effet une grande vertu, elle fait exactement ce qu’on lui demande, car Miku est une pure invention du cerveau de l’Homo Sapiens Technologicus. Elle est ce qu’on appelle une « vocaïd » c’est à dire une créature 100% numérique. Miku Hatsune est à l’affiche ce soir pour sa dernière date à Paris au Théâtre du Châtelet dans un opéra futuriste qui fait figure de véritable ovni dans le paysage européen : « The End ».

Miku Hatsune a 16 ans, elle mesure 1,58 mètre et pèse 42 kilos. Elle est officiellement née le 31 août 2007, lorsque le logiciel qui permet de créer des chansons à partir de sa voix a été mis sur le marché par Crypton Future Media. Miku est une jeune fille à la silhouette filiforme, de grandes couettes turquoises, d’immenses yeux verts, elle porte des jupes plissées courtes et des tenues signées Louis Vuitton.

Dotée d’une voix de synthèse lui permettant d’interpréter toutes les chansons, la "star open-source" est devenue un véritable phénomène de société au Japon (elle a réussi à réunir à elle seule la passion japonaise pour les robots, les karaokés et les mangas) et bien sûr un énorme business.

Miku Hatsune se pose les questions métaphysiques qui travaillent la jeunesse japonaise, sur la route qu’elle doit prendre, sur la fragilité de l’existence et sur sa fin, qui pour Miku Hatsune se traduirait en l'espèce par un bug fatal.

La fin ou plutôt « The End », c’est justement le titre de l’opéra pop qui a été créé pour elle par Keiichiro Shibuya, un spécialiste de la musique électronique, formé au conservatoire de Tokyo. Hatsune Miku y interprète la figure fantomatique d’une femme morte.

À 40 ans, Keiichiro Shibuya, se sent lié à Miku de manière très intime. "Quand j'ai entendu pour la première fois la voix de Miku, explique-t-il cherchant ses mots, c'était comme celle d'un fantôme. Elle a fait revivre la voix de ma femme, Maria, qui s'est suicidée en 2008."

Miku Hatsune "est la première Wiki-célébrité de l'histoire, une égérie créée collectivement et qui fonctionne pour la communauté de ses créateurs comme une sorte de média libre. Elle montre ce que le partage et le dialogue, dans un environnement ouvert et libre de mercantilisme, peuvent réaliser" explique l'anthropologue Ian Condry, spécialiste de la culture japonaise.

Le spectacle -quatre écrans, sept projecteurs haute définition et 50 enceintes- s'arrêtera donc ce soir à Paris et pour la première fois en dehors du Japon (avant Berlin et Londres qui en rêvent encore) avant de poursuivre sa route au Canada alors que les discussions sont ouvertes aux États-Unis.

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