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Picasso et ses maîtres investissent le Grand Palais

C'est l'exposition de la rentrée. "Picasso et les maîtres" réunit depuis mercredi 8 octobre les tableaux de l'inventeur du cubisme et de ses illustres prédécesseurs, ces peintres qu'il a copiés, chahutés, déconstruits et dépassés. Plus de 200 chefs-d'œuvre vont ainsi pouvoir dialoguer pour la première fois, sous les yeux des 10.000 visiteurs qui sont attendus chaque jour au Grand Palais, à Paris. "Qu'est-ce au fond qu'un peintre? C'est un collectionneur qui veut se constituer une collection en faisant lui-même les tableaux qu'il aime chez les autres", devisait Picasso. "C'est comme ça que je commence, et puis ça devient autre chose".

Une série d'autoportraits

En effet, Picasso ne plagie pas les maîtres; il s'approprie leurs toiles et les réinvente. L'unique copie de l'exposition est son "Portrait de Philippe IV", calqué de Vélasquez. Or c'est déjà "une relecture de l'oeuvre" de son compatriote. Le "cannibalisme" de Picasso ne consiste pas à copier stérilement mais à "absorber la puissance de sa propre filiation", relève Anne Baldassari, la directrice du musée Picasso. A l'origine de ce projet, cette institution parisienne a prêté de nombreux tableaux, tout comme le Louvre, Orsay, de prestigieux musées étrangers et des collections privées. L'exposition s'ouvre d'ailleurs sur une série d'autoportraits qui retrace la filiation picturale du maître du cubisme: Le Gréco, Poussin, Rembrandt, Goya, Delacroix, Cézanne et Gauguin. "C'est un peu le Panthéon idéal laissé aux générations futures", remarque Olivier Picasso, le petit-fils du peintre. "C'est une page d'éternité qui nous est offerte".

Picasso s'est parfois acharné

Dans cette première salle, Picasso trône au milieu de tous ceux qui, avant lui, ont révolutionné la peinture. "Il est le seul qui ait, à ce point, endossé toute l'histoire de la peinture", affirme Anne Baldassari. Tout au long du parcours, les oeuvres de Picasso sont présentées en contrepoint de celles de ses précurseurs. Son "Mousquetaire à l'épée" ressemble au "Matador saluant" de Manet. Son "Olga au col de fourrure" pose avec la même douceur que "Caroline Rivière" dans le portrait d'Ingres. Cependant, l'exercice ne se réduit pas à un petit jeu de correspondances binaires. Souvent, des groupes de tableaux restituent le bouillon créatif dans lequel Picasso a baigné: Puvis de Chavannes et Renoir pour la sensualité des longues chevelures féminines, Ribera et Zurbarán pour les austères portraits masculins.

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