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Reggae français: succès public malgré le silence radio

Il ya une quinzaine de jours, un monument français de la musique reggae, le groupe Ragga Dub Force a fêté ses vingt-cinq ans et remplit le Cabaret Sauvage. S'il est inconnu du grand public, ce collectif francilien a vu naître nombre d'artistes de la scène française, de Princesse Erika à Mathieu Ruben, en passant par Lord Kossity.

La relative indifférence des médias de notre pays n’empêche pas les groupes de reggae de remplir les salles, comme le Zénith ou l'Olympia. Mais aussi de déplacer les foules lors de festivals monstres : 48 000 personnes fin juillet dernier au Garance Reggae Festival, dans le Gard, autant en août au Reggae Sun Ska, dans le Médoc.

Ce paradoxe, les Stéphanois de Dub Incorporation l'évoquent dans un film tout juste sorti en salles, Rude Boy Story, dans lequel ils racontent leurs quinze ans de carrière. Comme le groupe, le documentaire réalisé par Kamir Meridja est autoproduit et auto distribué. Originaires de Saint-Germain-en-Laye, dans les Yvelines, les Danakil ont, eux aussi, réalisé un film sur leur dernière tournée après dix années d'existence, justement intitulé La Route des songes, fourni avec leur CD Live On air à La Cigale (chez Socadisc).

Ces deux films commencent par des scènes montrant le public. Car la clé du succès est là : « C'est une manière de faire comprendre à ceux qui ne connaissent pas du tout Dub Inc que c'est un groupe qui ne vit que grâce au public » explique Kamir Meridja. Il ajoute : « A écouter les médias, pour faire de la musique, la seule solution, c'est d'être repéré, de passer des concours et des auditions. Dub Inc démontre qu'il y a des solutions alternatives, plus artisanales. Et aujourd'hui, ses membres vivent de leur musique, ils ont fait le tour du monde et ils ne doivent rien à personne. »

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