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Spielberg président du jury : quand l'industrie hollywoodienne s'invite à Cannes

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La 66ème édition du Festival de Cannes qui se déroulera du 15 au 16 mai 2013 sera présidée par un américain, le réalisateur pluri-récompensé, Steven Spielberg.

Le maître du divertissement (Les dents de la mer, Indiana Jones, E.T, Jurassic Park) mais aussi le réalisateur de films que l'on pourrait qualifier de plus "sérieux" (Il faut sauver le soldat Ryan, Munich, La couleur pourpre) n'est pas seulement un cinéaste prolifique mais il est surtout l'un des réalisateurs des plus rentables de l'histoire du septième art.

Le choix de Spielberg à Cannes est osé puisque s'il devait y avoir un symbole de la grosse artillerie cinématographique, de la machine à produire de l'entertainment, il s'agirait bien de Steven Spielberg. Loin du cinéma en tant qu'objet culturel, artistique, avec Spielberg on se trouve au coeur du système hollywodien.

Alors pourquoi donc avoir désigné Spielberg en tant que président du Jury après avoir précédemment choisi comme compatriote le cinéphile Quentin Tarentino (2004), l'acteur du cinéma indépendant Sean Penn (2008), le réalisateur décalé Tim Burton (2010) ou alors la vache sacrée de l'Actors studio Robert de Niro (2011) ?

"J'ai souvent demandé à Steven de présider le jury, mais à chaque fois, il me répondait qu'il tournait. Aussi cette année, quand on m'a dit 'E.T. phone home', j'ai compris et j'ai répondu : enfin !", explique le président du Festival de Cannes.

Ce qui ne répond toutefois pas à la question : pourquoi vouloir faire entrer "ce cinéma là" à Cannes ? Les Oscars sont déjà là pour ça !

Peut-être pour simplement saluer l'oeuvre entière du réalisateur qui, quoiqu'en disent les critiques, a su élever le cinéma commercial à un certain niveau de maîtrise et de qualité. Le dernier Lincoln avec l'impressionnant Daniel Day-Lewis en est un bon exemple.

Il s'agit d'un film à grand budget qui est pourtant totalement privé d'effets spectaculaires. Bavard, le Lincoln de Spielberg est moins académique que l'on aurait pu s'y attendre.

L'Europe, contrairement aux Etats-Unis avec des hommes comme Spielberg ou George Lucas, a été jusque là incapable de concourir dans la catégorie du cinéma rentable, des films à gros sous. Les exemples de grosses productions françaises, italiennes, espagnoles, sont généralement médiocres voir catastrophiques. L'Europe excelle dans le cinéma indépendant (même si les Etats-Unis ne sont pas en reste), mais n'a jamais su briller sur le terrain des 007, des Indiana Jones, des Star Wars et autres produits qui réconcilient critique et grand public.

Cannes dont le but est de promouvoir justement le bon cinéma (rappelons que le président du jury 2012 était le réalisateur italien Nanni Moretti), a donc choisi d'offrir un rôle à contre emploi au réalisateur et faire peut-être aussi un geste de la main au cinéma populaire.

"C'est pour moi un grand honneur et un immense privilège de présider le jury d'un festival qui ne cesse de prouver, inlassablement, que le cinéma est le langage du monde" a déclaré Steven Spielberg dans un communiqué.

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