Excite

Tout l'argot des banlieues ou comment comprendre les wesh-wesh

« Les scarla et les scarlettes pénavent pas comme les joibours de Paname » ou autrement dit: « les jeunes garçons et filles de banlieue ne parlent pas comme les bourgeois parisiens». Pour aider à les comprendre, Abdelkarim Tengour livre 2600 définitions qui vont de « 06 » (« donne-moi ton 06», ton numéro de portable) à « zyva », tombé en désuétude et remplacé par « wesh-wesh» pour désigner les jeunes de banlieues.

Cet informaticien de 45 ans, s'est penché sur le vocabulaire des cités par un biais détourné pour rédiger son dictionnaire recensant « Tout l'argot des banlieues », qui vient de paraître aux éditions de l'Opportun. « En 2000, j'écrivais des poèmes et des nouvelles et je les avais mis en ligne sur un site de partage avec une annexe lexicale baptisée Dictionnaire de la Zone», raconte-t-il. « Très vite, je me suis rendu compte que la partie dictionnaire était la plus visitée, alors je l'ai développée et enrichie », au point d'abandonner la partie littéraire.

Sur le site, de nombreux internautes échangent sur le sens et l'origine de mots d'argot, souvent entendus dans des chansons de rap. Leurs discussions fournissent la base de la version papier du dictionnaire. Abdelkarim Tengour n'a conservé que les termes mentionnés au moins trois fois par des internautes et les « a validés s'ils étaient repris dans des chansons, films ou articles ».

Dès l'introduction, Abdelkarim Tengour constate que l'argot des banlieuesemprunte beaucoup au registre sexuel (bouillave, bourrer, foutre, limer, tartiner, queter...), et est souvent violent (dérouiller, maraver, técla..), voir raciste (un « ching-chong » est un asiatique).

« Mon livre n'a pas pour objet de justifier, de juger ou de condamner mais d'informer, de donner des outils de compréhension et surtout d'amuser le lecteur », conclut-il.

France - Excite Network Copyright ©1995 - 2018